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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 12:16

Une série de cours-conférence, devenus references. Université de Vincennes, Paris 8, 1981.

Vous pourrez ecouter ces sceances via des enregistrements d'étudiants ayant participé à ces cours. Il y est question des présupposés préalables à la peinture, de l'acte de peindre, du chaos fondamental qui précède la forme, de l'emerge de la couleurs, de la catastrophe dans l'acte de peindre.

Un ensemble de reflexions extremement riches.

6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 16:00

Voci quelques vues d'une exposition à laquelle j'ai participé à la QSP galerie, Bureau d'art et de recherche_commissariat Eric Rigolleaud. Cette exposition ayant eu lieu à Roubaix regroupait un ensemble d'artistes dont la pratique s'articule autour de l'espace urbain, en mettant l'accent sur l'aspect exploration de cet environnement.

crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff
crdt phot @ Didier knoff

crdt phot @ Didier knoff

7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:52
L'ART ARCHITECTURAL DE PETER FRITZ
L'ART ARCHITECTURAL DE PETER FRITZ

C'est l'oeuvre d'une vie ... Celle d'un art populaire, loin d'être naïf. Le recueil d'une somme d'efforts de vérité et representation du réel, un besoin de s'approprier et retranscrire ce qui est donné à voir.

L'oeuvre probable d'un passionné d'architecture qui occupait ses heures libres à la constitution de modèles miniatures, reconstitution  proche du réel pour assembler une ville imaginaire, peut-être idéale.

C'est l'histoire d'une caisse retrouvée des années plus tard chez l'antiquaire.

 

source :

7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:49

La musique parle d'elle meme ... j'adore ce genre de phrasets de guitare repetitifs, empilement des petites variations : ça appelle au rêve.

13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 13:02
SA MAJESTE DES MOUCHES_W.GOLDING

Ce livre fut ecrit au sortir de la seconde guerre mondiale. Il date de 1954 et sur certains points cela se sent. Le livre livrant une vision de la société, de la civilisation, il y a des concepts qui datent un peu. A cette époque les colonies anglaises (et française) étaient encore chose admise et donc les concept de l'homme blanc civilisateur allant de soi. Donc, au cours du recit, je suis tombé sur quelques passages qui m'ont semblé un peu vieillots. D'autres aspects sont d'une actualité pregnante, hélas.

Néanmoins, le livre aborde un theme universel et profondemment attaché à l'humain.

On rejoint le fondamental de Robinson crusoe et la "mythologie" de l'homme coupé du monde et livré à lui même pour assurer sa survie et, par extension, son mode de vie et ses valeurs.

Ici, le récit commence dans le vif du sujet. La question du naufrage est brevement abordée. On ne sait pas exactement ce qui s'est passé.

Un accident d'avion sans aller vraiment vers plus de precisions.

L'auteur se concentre sur les rescapés qui decouvrent l'ile peu à peu. D'abord deux des protagonistes principaux font connaissance. Le plus charismatique des deux, Ralph, deviendra chef par la suite. Celui-ci trouve une conque et souffle dedans aussi fort qu'il le peut sur les conseils du second rescapé surnommé Porcinet.

Cela produit un son resonnant aux alentours et, à l'appel de la Conque, d'autres rescapés arrivent. Il n'y a que des enfants, que des garçons.

Peu à peu l'ensemble du groupe se dessine. il y a d'abord Ralph et Porcinet, quelque enfants arivent au compte goutte.

Puis se revele un groupe pré-existant appelé la "maitrise", mené par un chef nommé Jack Merridew. Il s'agit d'un groupe de scouts ou quelque chose comme ça. ils ont une structure militaire.

Enfin il y a le reste du groupe formé par "les petits". Ceux là sont tellement jeunes qu'il sont considérés comme incapables de faire quoi que ce soit, incapables de se gérer par eux même, d'éviter de se mettre en danger ou de se protéger des dangers exterieurs. On peut y voir, d'aprés moi, une analogie avec le petit peuple qui a besoin de chefs pour exister.

Tout au long de cette histoire ces petits sont là mais ne font pas partie de l'histoire qui se deroule. ils sont en toile de fond et ne pensent qu'à jouer et se nourrir et ce grâce aux efforts deployés par les grands.

Il faut entendre par grands des adolescents, au mieux. Il n'y a pas pas d'adultes sur l'ile.  Ainsi, ce sont aux enfants de s'autogérer et là encore il y aura deux grandes visions qui s'affronteront. Celle de Ralph et celle de Jack Merridew.

Suite à l'appel de la Conque (qui deviendra un totem symbolisant la démocratie) Ralph et Porcinet instaurent des meetings ayant pour but de discuter de la façon de survivre et des objectifs à atteindre.

Suite à un vote Ralph est élu chef.

Jack, qui est déja chef de la"maitrise" ne semble pas vraiment partager cet avis. Lui même étant un meneur d'hommes se reclame de savoir ce qui doit etre fait et n'entend pas se laisser marche sur les pieds.

Ralph sentant venir la défiance lui propose un role considerable et valorisant : celui de chef des chasseurs.

Ralph represente l'aspect democratique. il discute, ecoute et tranche. Il propose une vision à moyen ou long terme, ayant pour objectif d'organiser le sauvetage du groupe.

Porcinet, lui, sera le bon conseiller. raillé par les autres à cause de son aspect et de sa mollesse, il fait pourtant beneficier le groupe de ses bonnes idées. C'est aussi lui qui est à l'origine de la possibilite de faire du feu. A l'aide de ses lunettes qui agissent comme une loupe il peut allumer un foyer.

Ainsi le feu aura pour but de generer de la fumée afin d'envoyer un signal vers l'exterieur et permettant d'etre vu de loin.

Le temps passe et Ralph commence à se lasser. il se rend compte qu'une grande partie du groupe ne comprend pas l'importance des objectifs fixés et se laisse aller à la dérive : ils ne savent pas garder le feu, ne montre aucun interet quand à l'organisation des taches quotidiennes et se laisse plonger dans la crasse. ils ne pensent qu'à l'instant présent.

De plus, Jack challenge de plus en plus la position de Ralph et le défie à la moindre occasion. Ralph tempere et cherche souvent un moyen de conciliation. Mais Jack fort de sa position de chef de la "maitrise" et de son statut de chasseur amenant de la viande au groupe reclame toujours plus d'autorité. Sans le dire officiellement, il veut le pouvoir. Mais le groupe n'y semble pas favorable, vraisemblablement à cause du caractère extreme de Jack.

Cet équilibre précaire va etre rompu par un élément fondamental qui va destabiliser le groupe : la peur du monstre.

La rumeur circule qu'un monstre habite l'ile et qu'il est pret à dévorer les enfants. Le sujet est discuté lors d'un rassemblement dont la conclusion porte sur l'idée que ce monstre est une illusion crée par les petits, qui confondent cauchemars et réalité. Mais la peur s'installe malgré tout et la folie guette le groupe qui perd de plus en pls sa rationnalité.

Afin d'éteindre tout doute un groupe de leaders, dont Ralph et Jack, s'en iront deloger le monstre. Ils partent en expedition. La lutte entre les deux rivaux se precise clairement. A l'issu de l'expedition le groupe arrive dans un endroit perdu de l'ile. Au fur et à mesure qu'ils avancent sur ce territoire la présence du monstre se fait sentir, la tension monte.  Au loin entre deux rochers une forme inhumaine ondule. le groupe fuit.

Par ailleurs, un autre membre du groupe, delirant, reviendra face au monstre et se rendra compte qu'il ne s'agit en rien d'un etre fantastique mais du cadavre d'un pilote de chasse abattu lors d'un combat aerien, dont le parachute enchevetré ondule au gré du vent.

C'est bien la peur qui a jouée des tours au groupe. Toutefois les consequences de cette peur sont bien concretes et font voler le groupe en éclat. Jack, avide de controler le groupe et proposant une vision a court terme fait cission et part s'installer avec quelques fideles a l'autre bout de l'ile pour y construire une forteresse.

Peu le suivent, mais lors tout le monde à faim et que celui ci offre à tous de le rejoindre pour un festin, la balle change de camp. En moins de temps qu'l ne faut pour le dire, Jack Merridew installe une dictature et demande à ce que l'on s'adresse à lui en l'appelant "Le chef". Ceux qui ne sont pas d'accord sont punis, certains sont tués. Les autres auront le droit à de la viande tant qu'ils sont d'accord avec "Le chef".

Ralph se retrouve seul contre Jack et ses sbires. Porcinet et ses amis proches ont été froidement executé à coup de pierres et de javelots. Une chasse pour tuer Ralph est lancé, la battue commence et la "Maitrise" incendie une bonne partie de l'ile pour le coincer.

Ralph se cache et fuit. Il échappe de peu au massacre.

Un officier de la marine, alerté par la fumée dégagée par l'incendie, vient d'accoster sur l'ile.

 

 

 

 

1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 13:58
DOLORES CLAIBORNE_STEPHEN KING

Un king de plus dans ma mémothèque !

 

Comme annoncé sur la 4eme de couv, celui-ci se rapproche de "Misery", autre roman fameux de l'auteur. Pour deux raisons, dirai-je :

 

Premier : l'heroine est une femme. 

 

 

Deux : il s'agit plutot d'un "drame societal" que d'une histoire d'horreur fantastique. Ici la seule horreur est celle qui reside potentiellement en chaque personne, et qui peut etre declenchée suite à un echainement de traumatismes. Cet aspect est présent dans la majorité des ouvrages de King, mais certains se concentrent vraiment sur cette angle... 

Pas d'extraterrestres, de fantomes, démons ou créatures oubliées.  [note : dans le style je vous conseil "Rage" du même auteur]

 

 

Une femme prénommé Dolores. litteralement "la douloureuse".

Cette douleur elle la subit quotidiennement.

Un boulot de merde avec une patronne à priori odieuse. Dolores est "assistante de vie" pour une femme richissime. Celle-ci, en fin de vie, combat les souvenirs qui reviennent la hanter, alternant périodes de détresse et période de méchanceté sans borne.

Joe, le mari de Dolores, est un white trash faineant, lourdeau et alcoolique. il la méprise et lui cogne dessus à l'occasion. Et cela vaut aussi  pour les gosses qui sont également la cible du père. Seul exception, celui qui lui ressemble le plus et le prend pour exemple ...

Là est le declencheur. Dolores pourrait bien encaisser ces agressions mais elle ne supporte pas l'idée que le père pourrisse la vie de ses gamins et que ceux ci trainent ces blessures comme malediction ou répètent un schema malsain.

Elle se doit de les proteger et emanciper cette famille du joug violent, bête et mechant de cet épave de Joe Saint georges.

 

Voici dans les grandes lignes le scenario dont je masque les aspects les plus marquants pour ne pas vous gacher la surprise si l'envie vous prend de lire ce bouquin. Mais c'est entre les lignes que se trouve le plus interessant; dans la description des personnages et du contexte dans lequel ils évoluent et par lequel ils sont irremediablement liés.

 

Ce livre retrace la confession d'une vie lors d'une déposition au poste de police local. Dolores a échappé à la justice par le passé mais pas au jugement. Le sien évidemment, elle se moque à peu prés d'être jugé par les autres. Et au fond la seule vérité qui compte est sa propre vérité. le tout est de pouvoir y faire face sans baisser les yeux.

J'ai lu ce livre d'une traite, comme souvent. Je l'ai trouvé interessant, sans être exaltant dans la narration ou l'intrigue...  Interessant dans le sens que c'est un livre qui amène à reflechir sur des questions encore d'actualité et nous plonge dans une drame social bien trop commun. Les violences domestiques en tout genre et l'omerta familiale et publique. tout y passe dans ce livre, de manière plus ou moins appuyée.

Spoiler : il n'y a pas vraiment d'happy ending . pas de vérité absolue. pas de pardon total. pas de condamnation definitive. Juste un entre deux de torts et de raisons propre à chaque personnage. Ce qui compte c'est être honnete envers soi-même semble nous dire cette histoire.

 

 

28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 16:16

Voici un photographe qui propose des vus de paysages, notamment urbain, perdus dans des intemperies. Une esthetique qui me parle au service d'un propos qui nous concerne tous.

https://christophejacrot.com/

photos prises par C.JACROT, certaines issues de son recueil NEIGE.
photos prises par C.JACROT, certaines issues de son recueil NEIGE.
photos prises par C.JACROT, certaines issues de son recueil NEIGE.
photos prises par C.JACROT, certaines issues de son recueil NEIGE.

photos prises par C.JACROT, certaines issues de son recueil NEIGE.

23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 18:06

Une serie d'emissions France culture sur le theme de la ville. 4 emission abordant chacune avec un angle different la constitution historique de la ville, de l'urbanisme et les choix et non choix ayant conduit ses prise de decisions.

Quelques points de vue inattendu qui revisent egalement certains clichés eronné sur l'evolution de la ville au cours de l'histoire recente.

LIEN PAGE : UNE HISTOIRE DU VIVRE EN VILLE

EN BONUS ... Cette question de la place de l'animal en ville est cruciale. je me dis qu'à une époque pas si lointaine les rues des grandes agglomerations étaient peuplée de chevaux. Assistera t-on un jour à un retour du cheval en centre ville ?

Une idée fantaisiste ? A y regarder de plus prés, pas tant que ça...

27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 16:27

La musique electronique est souvent considere comme purement digitale, ans ame, etc ... voila une une autre façon de considerer la chose

7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 11:16

En 2019, à Lille, s'est tenu durant plusieurs mois un événement culturel-artistique de grande ampleur.

 

En 2004, Lille Métropole endossait le rôle de capitale européenne de la culture. Ce fut la première édition des événements "Lille3000".

 

Sous forme de triennale, la ville se transforme durant le temps du "festival", accueillant nombre d'expositions artistiques de niveau international, proposant également des transformations in situ et installations de grande ampleur qui parsème la ville. Cela se combine à des manifestations culturelles et populaire [parade, conférences, démonstration, projection publique, ... ] tout au long de l'année, selon la thématique en cours.

 

En 2019, un pont fut établie avec le Mexique et l'Amerique du sud et proposé sous le terme "Eldorado". Ce terme implique à la fois des enjeux historiques, sociologiques et mythologique couvrant plusieurs siècles, jusqu'à nos jours.

 

Au cours de cette année, Lille 3000 invita quelques artistes à "résider" au coeur de la Gare Saint Sauveur, lieu culturel incontournable de la métropole. Dans le jargon arty, "résider" signifie que les artistes occupent un lieu pour une période donnée afin d'y réaliser des oeuvres ou expérimenter dans le cadre de la structure d'accueil.

 

Ainsi, nous étions 4 artistes [Julie Maresq, David Leleu, Stefania Arcieri et moi-même, Aurelien Bonnetaud] à disposer d'un lieu et de financement durant deux mois afin de proposer au public de faire connaissance avec le processus d'élaboration d'une oeuvre. Elsa Vettier, critique d'art, participa elle aussi en proposant une discussion et une "structure théorique" à ce moment.

La Malterie, groupement d'artistes contemporains et centre de ressources [informations sur le métier] d'artiste fut désignée pour coordonner cet événement.

Aprés sélection sur dossier, nous avons pu faire connaissance et investir de lieu. Chacun étant libre de proposer ce qui lui semblait pertinent, nous réalisâmes des œuvres in situ, tout en laissant le public [affluent] découvrir l'avancée de nos travaux. 

 

 

Voici deux vidéos retraçant ce moment, l'une donnant un aperçu global, l'autre se concentrant sur ma réalisation.

7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 11:51

Voici le texte de Elsa Vettier, critique d'art, au sujet de la résidence Lille3000 x La Malterie_ Gare Saint Sauveur_ Automne2019_Lille

DANNY HAD A HOUSE_ELSA VETTIER

Danny had a house

 

Quelques grelots, des boîtes de hamburger en polystyrène orange et des traces de peinture rouge encore visibles sous la couche de blanc. Ce soir d’octobre dans la maison, voilà ce qu’il reste du passage des artistes mexicains de Biquini Wax EPS. Le collectif invité à investir cette ancienne bâtisse de la gare Saint-Sauveur au printemps a surtout essaimé le souvenir d’une effervescence collective que ces traces peinent probablement à traduire.

 

Premiers à s’installer dans cette maison récemment démurée dans le cadre de Lille 3000, ils ont suggéré qu’elle pouvait être un espace ouvert aux artistes et au public, habitée par une envie d’être ensemble et animée par des collaborations spontanées. Et c’est dans leur chantier encore frémissant que quelques semaines plus tard, quatre artistes ont été invités par La Malterie à prendre la relève et à installer leurs ateliers temporaires pour une résidence de deux mois. En un sens le début de cette histoire rappelle celle du roman de John Steinbeck, Tortilla Flat. Dans une Amérique d’après-guerre désargentée, Danny, le héros apprend un matin qu’il a hérité de deux maisons. Animé par un désir de vie en collectivité, il ouvre ses propriétés à des amis, aux habitants du village jusqu’à expérimenter les limites de sa générosité, l’amenant à réfléchir sur le sens de cette communauté qu’il avait au demeurant tant fantasmée[1].

 

La résidence de Stefania Arcieri, Aurélien Bonnetaud, David Leleu et Julie Maresq se bâtit presque sur les mêmes ressorts que la fiction de Steinbeck. Débarqués dans l’enthousiasme de l’utopie collective semée par leurs prédécesseurs, ils apprennent à se connaître au sein d’un espace récemment acquis, se l’approprient chacun à leur manière, progressivement confrontés au constat qu’ils ne travailleront probablement pas ensemble, pas à la manière des Biquini Wax en tout cas. À l’instar des personnages de Tortilla Flat, ils devront développer des stratégies pour habiter les lieux et user de ruses ou de franc-parler pour cohabiter avec leur public. Si la conclusion des deux mois de résidence n’est finalement pas placée sous le signe du collectif, les expérimentations qu’ils ont menées entre ces quatre murs témoignent pour autant d’une réflexion commune sur ce qu’est le lieu, cet « eldorado »[2] promis, ce qu’ils en retirent, ce qu’ils y laissent.

 

Et au-delà des spécificités de l’espace, leurs réflexions permettent plus globalement d’interroger le format des résidences d’artistes, les formes et les attitudes qu’elles produisent.

Mais peut-être que pour raconter l’histoire de cette maison et de ses habitants, il faut commencer par la fin, par ce qu’on y voit alors qu’ils s’apprêtent à la quitter. Tout en poursuivant les travaux qu’ils mènent en dehors, les artistes ont profité de la résidence pour expérimenter d’autres formats ou médiums que leurs lieux et habitudes de travail ne permettent pas nécessairement.

 

C’est le cas de Julie Maresq, qui, se définissant principalement comme « artiste photographe » a décidé de se remettre à la peinture pour continuer d’explorer et de jouer sur les représentations traditionnelles de la famille et de la maternité. Dans une pièce repeinte entièrement en blanc, a composé une fresque de figures d’enfants dessinées à l’acrylique noire.

La plupart regardent droit devant eux, vous sourient. D’autres semblent endormis, à moins qu’ils ne soient inanimés. Des jets de peinture dorée éclaboussent une partie de la pièce, comme un coup d’éclat qui en serait resté là. Ces reflets d’or, on les retrouve dans la pièce qui lui fait face.

 

Aurélien Bonnetaud y a créé un diorama, soit un paysage symbolique en trois dimensions où se côtoient sur un sol de cendre (en réalité une poudre de béton), la désolation des branches nues et la flamboyance d’un relief brillant.

Lui qui retravaille habituellement des images de « non-lieux »[3] à plat sur des châssis ou dans des montages vidéo, a profité de cet espace pour donner corps à une installation d’une échelle inédite dans sa pratique.

 

Il faut ensuite se tourner vers une boîte noire avec laquelle le diorama cohabite, pour découvrir le dispositif de camera obscura qu’a construit David Leleu. À l’intérieur du petit habitacle sombre, des images se dessinent progressivement. On y distingue des formes abstraites, une silhouette animale, qui se meuvent sagement comme dans une sorte de cinéma muet. Ce sont par des petits trous percés à la surface d’un tissu que l’image – inversée – de ce qui se joue derrière la porte nous parvient. En faisant le tour de la pièce par l’extérieur, on comprendra alors que les formes abstraites ne sont autres que des squelettes de parapluies, des roues de vélos ou des rubans de marquage mus par un ventilateur. Après avoir réinterprété et baladé le principe de la camera obscura (grâce à des dispositifs optiques portatifs ou installés dans des caddies), la résidence a été pour l’artiste l’occasion de fixer et de composer l’image qui serait réfléchie au sein de la chambre noire.

 

Et c’est dans le couloir qui dessert toutes ces pièces que Stefania Arcieri a finit par installer la table de travail qu’elle n’a cessée de déplacer au cours des semaines. Cette itinérance au sein même de la maison traduit les interrogations de l’artiste sur ce nouveau lieu de production où, quelque peu déstabilisée par l’absence du contexte alternatif et collectif au sein duquel elle collabore habituellement, elle a du opérer seule. Sur cette table, elle a disposé les objets trouvés dans la maison et ses alentours et les dessins qu’ils lui ont inspirés. Au mur, l’artiste – dont l’illustration et la sérigraphie sont les médiums de prédilection – a accroché ses planches et suspendu l’édition qui garde en mémoire toutes ces formes glanées. Alors que la résidence touche à sa fin, les visiteurs parcourent ainsi une exposition de tentatives, un accrochage comme un processus de travail dont les étapes seraient encore visibles. Julie n’a pas recouvert les essais qu’elle ne trouvait pas concluants, Stefania présente sa table de travail comme un chantier devenu sculpture.

Ces propositions essaimées au quatre coins de la maison semblent travaillées par une expression qui fait écho au décor désargenté de la maison, celle « d’idée pauvre » soufflée par David. Elles procèdent en effet d’un recyclage d’objets, qu’ils aient été glanés par Stefania pour les dessiner ou ramassés pour être ensuite composés dans l’espace par Aurélien et David. D’objets mais aussi de formes, d’images, celles qu’on ne regarde plus ou qu’on ne veut pas voir. Ainsi Julie cherche sur des sites d’informations des images d’enfants ayant péri au cours de conflits ou de migration qu’elle reproduit au pinceau au milieu d’autres images d’enfants, celles-ci postées sur Instagram sous le hashtag #enfantsheureux.

 

Pour chaque artiste, ces logiques d’appropriation d’objets ou d’images constituent la première étape d’un travail de transformation au cours duquel ils vont leur faire traverser différents médiums. Tandis que chez Julie et Aurélien, la photo se transforme par la transcription ou l’ajout de peinture, chez David et Stefania, les objets s’aplatissent lorsqu’ils sont digérés par le dispositif de la camera obscura ou de la sérigraphie. Ces traductions successives ont pour effet d’instaurer une distance avec les originaux. Aussi, il est intéressant de constater que certains, comme David et Aurélien, ont recours à des techniques ou dispositifs – qu’il s’agisse de la camera obscura ou du diorama – considérés comme des précurseurs de la photographie, comme dans une volonté de revenir à une composition primitive des images.

Quoi qu’il en soit, ces processus réinjectent de la profondeur, du désir pour des choses ou des lieux dévitalisés, ou des médiums qui nous saturent et déréalisent certains de nos rapports, ceux que l’on entretient avec nos enfants, nos paysages. Chez chacun des artistes, le passage d’un médium à l’autre oblitère l’immédiateté. Il réintroduit une forme de latence qui fait que nous ne voyons pas tout de suite les images de la camera obscura se former, que nous ne réalisons qu’au bout d’un certain temps que si, sur la fresque, certains enfants ferment les yeux, c’est qu’ils sont sans vie.

 

En s’associant à la Malterie qui soutient depuis plus de vingt ans la création visuelle et plastique régionale grâce à la mise à disposition d’outils et d’espaces de travail, les équipes de Lille 3000 ont créé en cet endroit un format de résidence hybride où l’accueil des quatre artistes doit s’acoquiner avec le dessein d’en faire une des attractions du site réaménagé de la gare Saint-Sauveur. La maison, ouverte au public l’après-midi, est ainsi devenue un lieu de travail mais également de mise en scène ou de médiation du travail en train de se faire. De fait, si les quatre résidents n’ont pas collaboré dans la même profusion que Biquini Wax avant eux, ils ont, chacun de leur côté et sans nécessairement se le dire, performé quelque chose de leur rôle de créateur. Répondant probablement à une curiosité pour ce que sont les tâches concrètes et quotidiennes d’un artiste, cette situation de « résidence visible » les a amené à développer des stratégies pour parler tout en faisant, pour donner à voir ou se dérober aux regards.

Seule peut-être Stefania a fini par utiliser la présence du public pour mieux renverser les logiques de disponibilité, demandant à chaque personne qui entrait dans son atelier qu’elle lui donne un objet dans sa poche, incluant les visiteurs dans cette logique de collecte. Chacun·e des artistes a hésité entre donner une vision « naturaliste » et peut-être décevante du travail en train de se faire ou au contraire le théâtraliser, s’activant dans la maison au prix parfois de leur propre concentration.

Une partie de leur travail se dérobe pourtant à la vue, notamment lorsqu’ Aurélien arpente des « non-lieux » pour faire des prises de vues ou que David et Stefania collectent des objets dans la rue. Le dispositif élude aussi que le fait que le travail artistique se fait souvent dans une forme de passivité ou de non-événement, par exemple dans le « scroll » d’un fil de publications Instagram que Julie pratique régulièrement sur son canapé.

 

Alors que l’exposition « Le rêve d’être artiste » au Palais des Beaux-Arts de Lille[4] tente de démystifier la figure de l’artiste tout en alimentant certains poncifs, la maison Biquini lui offre un contre-point sous forme d’expérience. Elle souligne les logiques contradictoires dans laquelle la création contemporaine opère, entre désir de visibilité et nécessité d’une forme de retrait, fantasme d’ouverture et de collaboration et besoin réel d’espaces de travail indépendants. Elle raconte la friction entre riches idées de rencontre et dispositifs souvent pauvres de friche, entre processus lents et invisibles de réflexion artistique et désirs d’interactions immédiates. La maison de Danny comme la maison Biquini racontent les aspirations et les problématiques se nouant autour des résidences et du groupe d’artistes ainsi réunis, « comment il se forma, comment il crût et s’épanouit […] leur vie aventureuse, avec le bien qu’ils ont fait, avec leurs pensées, avec leurs entreprises »[5].  Et sans savoir ce qu’il adviendra de la maison, comment à la fin « chacun des amis partit dans une direction différente »[6].

 

 

Elsa Vettier, novembre 2019

 

 

[1] John Steinbeck, Tortilla Flat, 1935, éditions Gallimard

[2] « Eldorado » est le nom donné à la 5e édition de Lille 3000

[3] Terme forgé par l’ethnologue Marc Augé dans son ouvrage Non-Lieux, Paris, Seuil, 1992,  pour définir les « espaces d’anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux […] (voies rapides, échangeurs, gare, aéroports) ».

[4] Exposition collective se déroulant du 20 septembre 2019 au 6 janvier 2020

[5] John Steinbeck, Tortilla Flat, op.cit., p.7

[6] John Steinbeck, Tortilla Flat, op.cit., p.245

11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 17:38

Les amis ! je vous invite à faire un tour sur instagram ... car c'est là que je poste le plus regulierement mes travaux, photos, ...

C'est un concept. je vois ça comme une oeuvre en tant que telle.

ici, je suis plutot sur type de rubriques plus developpées, peut etre plus ... theoriques ?

C'est mon aide memoire ;)

*

Bref, welcome.

https://www.instagram.com/arrb_creation

11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 17:31
Photo prise par ARRB, AURELIEN BONNETAUD

Photo prise par ARRB, AURELIEN BONNETAUD

11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 17:16
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 10:46
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 10:43

Une maniere bien particuliere de raconter une histoire :

 

25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 10:25

Un peintre dont j'ai vu les oeuvres à la Galerie Stem, Bruxelles, à l'occasion du Brussel gallery weekend sept.2019.

*

Au premier abord, on voit l'excellence technique. C'est finement peint.

ensuite nous voyons une alternance... deux types de traitement. tout semble tourner autour des objets quotidien.

D'une part il crée des tableaux representant des scènes d’intérieur, avec une ambiance feutrée, une ambiance particulière qui m'a rappellé un etat d'esprit proche de certaines oeuvres de E.Hopper ou Magritte.

D'autre part des compositions d'objets à portée anthropomorphes. Esprit surréaliste en recomposant des visages, que j'ai trouvé mi-totems mi-cauchemars, à l'aide d'objets "insignifiant". Sans bercer dans la ressemblance avec Arcimboldo, je ne peux m’empêcher d'y voir une digne filiation.

Et tout cela peint avec soin et extreme douceur.

 

https://paulrouphail.com/At-Home-Stems-Gallery-1

 

 

PAUL ROUPHAIL
PAUL ROUPHAIL
PAUL ROUPHAIL
21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 19:42
couverture_C.weiner

couverture_C.weiner

Voici une expo qui semblait interessante, helas je n'ai pus la voir ...

A partir d'une succession d'idées geniales, aussi dans l'expression artistique saisissant notre environnement que dans la mission de sauvegarde du patrimoine culturel....

30 années de clichés photos basé sur la perception et les mutation du paysage français, urbain et rural, en approchant le theme par 7 axe differents :l'experience du paysage, les lieux de travail, le temps du paysage, les grands ensembles, le paysage comme style, No man's land, l'être au paysage.

Rassemblant une centaine de photographes ayant participé et prolongé la mission originelle de la D.A.T.A.R de 1984.

Si le sujet vous intéresse, le catalogue de l'expo, bien que non exhaustif, est trés complet.

 

Anne favret

Anne favret

PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
Mission datar

Mission datar

PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
PAYSAGE FRANCAIS_EXPO BNF 2017
20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 18:19

Cela faisait un moment que je n'avais pas été aussi surpris par de la peinture.

C'est agréable ! j'aime les thématiques mystérieuses et mystiques développées par cet artiste. Et puis le style ... une explosion de couleurs harmonieuses, une variété de techniques, de textures et de densités qui se couvre et se recoupent mutuellement. alternant entre intensité et respiration (enfin soyons poètes ... ) : vraiment superbe.

J'ai pu voir en direct plusieurs de ces tableaux lors d'une exposition au MuBa de Tourcoing et au Tri postal de Lille à l'occasion de l'évenement Eldorado 2019.

 

TILL GERHARD
TILL GERHARD
TILL GERHARD
TILL GERHARD
2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 19:57

15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 17:44

Voici une playlist rendant compte d'une quarantaine de cours de dessin morphologique de M.DEBORD, aux beaux arts de paris 2002-2003.

Passionant.

3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 19:08

15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 12:00
CONTENEURS_LILLE_PORT FLUVIAL_2019

13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 10:02
Photo prise par A.BONNETAUD, ARRB

Photo prise par A.BONNETAUD, ARRB

11 juin 2019 2 11 /06 /juin /2019 17:28
Photo prise par A.BONNETAUD, ARRB

Photo prise par A.BONNETAUD, ARRB

A propos :

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Ce blog porte sur les choses ayant trait à l'art, à la création, et à la culture en general.

Etant donné que je suis artiste, vous trouverez ici des informations concernant ma pratique, mes actualités, mes reflexions.

j'y poste également des articles sur ce qui me marque :  la musique, la video, les livres, les expos, les travaux d'autres artistes...

Enfin, j'y dépose aussi quelques notes et mementos théoriques, ou résumés d'ouvrage que j'ai étudié.

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